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Chaque année, huit millions de tonnes de plastique pénètrent dans l’océan, menaçant à peu près toutes les espèces marines et tous les écosystèmes. Les hommes au bout de la chaîne alimentaire sont également menacés. Maud Fontenoy prend le pouls des océans et présente les projets qui sont sensés nettoyer nos océans.

Danger à tous les niveaux des espèces animales

Le Great Pacific Garbage Patch tourbillonne entre Hawaï et la Californie, constitué de microparticules de plastiques de tous types qui se retrouvent dans l’océan et sont brisées par le soleil, le vent, les vagues et les microbes. Selon la navigatrice Maud Fontenoy quatre autres plaques de taille similaire existent dans les océans Atlantique et Indien, car le plastique est piégé dans la rotation des courants de convection.

Cette quantité stupéfiante de plastique fait des ravages. De nombreux animaux marins, des mouettes aux requins, confondent le plastique avec de la nourriture, ce qui provoque non seulement un blocage ou une perforation du tractus intestinal, mais aussi la libération de produits chimiques toxiques dans la chaîne alimentaire. La National Academy of Sciences estime que 90% des oiseaux de mer ont ingéré du plastique sans parler des poissons qui confondent plantons et plastique.

Plastique et toxines accumulés dans les organismes vivants

Les métaux lourds comme le mercure, le cadmium et l’antimoine, qui sont utilisés pendant la production, sont également libérés lorsque le plastique est brisé. Si les plastiques se retrouvent dans une décharge ou dans un plan d’eau, par exemple, les métaux lourds qu’ils contiennent peuvent polluer l’eau potable ou avoir d’autres répercussions sur l’environnement.

L’espoir suscité par les solutions de nettoyage des océans

Fondé en 2013 par Boyan Slat, un Néerlandais de 18 ans, The Ocean Cleanup a été surnommé «le plus grand nettoyage de l’histoire». Avec l’aide d’une liste grandissante de partenaires internationaux et de technologies de pointe, la mission de Ocean Cleanup est d’enlever les cinq billions de morceaux de plastique actuellement dans l’océan, avec un déploiement prévu pour l’année prochaine.

En août 2017, le projet a finalisé la conception d’une bouée en forme de U en polyéthylène haute densité de près de deux kilomètres de long, avec un écran s’étendant sur quelques mètres en dessous. Le système sera positionné en fonction d’une série de points de données tels que les courants océaniques, les conditions météorologiques et l’emplacement du plastique et des filets. Ces points de données sont introduits dans un algorithme pour déterminer le point de déploiement idéal de la bouée.

Au fur et à mesure que les courants déplacent les filets, la bouée sera positionnée pour attraper le plastique. Ce dernier sera acheminé vers le centre de la bouée. Ensuite un navire spécialisé viendra récupérer le plastique afin qu’il soit recyclé et revendu. « C’est une réutilisation à l’infini », affirme Maud Fontenoy.

The Ocean Cleanup : un projet toujours en phase de test

Deux défis principaux ont été surmontés pour amener le projet à ce stade: la modélisation et les matériaux. La modélisation consistait à comprendre la source, le débit et la position actuelle du plastique. Pour collecter ces données, les chercheurs ont utilisé des capteurs à la dérive fournissant deux millions de points de données par jour, compilés dans certains des modèles 3D les plus complexes développés.

Le défi pour la bouée et l’écran était de déterminer la forme optimale et la composition du matériau pour s’assurer qu’elles seraient suffisamment rigides pour conserver leur forme en U, suffisamment flexibles pour se plier aux vagues et suffisamment durables pour fonctionner après des années de flottement.

Malgré des années de modélisation mathématique, d’analyse des matériaux et de tests rigoureux, l’équipe affirme que son travail n’est pas terminé, soulignant qu’un système similaire n’a jamais été construit auparavant et que son processus d’ingénierie implique donc des interrogations et des tests constants.

Le projet est en cours de développement depuis trois ans, impliquant des gouvernements, des universités, des entreprises et des particuliers du monde entier. En fait, une grande partie du financement initial provenait de dons individuels.

Le site Web du projet indique que le projet a recueilli 2,2 millions de dollars auprès de 38 000 personnes dans 160 pays, «devenant la campagne de financement participatif sans but lucratif la plus réussie à ce jour.» Les dons ont aidé à financer le lancement d’un premier prototype en mer du Nord en 2016.

Maud Fontenoy précise que le système devrait être déployé en mai en étant capable de nettoyer la moitié du patch en seulement cinq ans. D’ici 2020, les créateurs du projet ambitionnent d’installer leurs technologies sur chaque océans.

La nécessité de changer notre rapport au plastique

Bien que ce projet semble être une solution prometteuse au problème des déchets de l’océan, l’équipe d’Ocean Cleanup souligne que cela pourrait ne pas suffire. Plus précisément, pour être efficace, le nettoyage doit être combiné avec une réduction de l’utilisation de plastique jetable sur terre.

Même si nous devions arrêter immédiatement la production de plastique, l’impact de la grande quantité de pollution plastique déjà présente pourrait ne jamais disparaître. Selon Maud Fontenoy, le plastique aura laissé sa marque sous la forme de couches de minuscules particules incrustées dans les sédiments du fond océanique. Au fil du temps, ce plastique sera cimenté dans la terre : un héritage de l’ère du plastique.

 

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