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Ces dernières semaines ont été une fois de plus riches en actualités pour les constructeurs automobiles toujours sous pression environnementale.

Pour rappel, les transports représentent 27% du total des émissions de gaz à effet de serre en France et leurs rejets ont augmenté de 23% depuis 1990.

 

Des efforts constatés

En 1998, l’industrie automobile s’était engagée avec l’Europe dans un accord volontaire de réduction des émissions afin de respecter le Protocole de Kyoto. La moyenne européenne des émissions de CO2 a baissé de 25 g/km en 10 ans. Aujourd’hui 1 voiture sur 2 vendue en France en 2006 émet moins de 140g/km, selon l’Ademe.

2 facteurs peuvent expliquer ces résultats encourageants :

  • Les efforts d’innovation des constructeurs pour faire consommer moins à leur produit. ConsoGlobe établie une liste intéressante des meilleures pratiques ici
  • La mise en place de l’étiquetage énergétique mi-2006, mais son efficacité reste limitée car seulement 10% des acheteurs en tiennent compte dans leur acquisition

Autre point positif d’un effet de mode qui connaît (espérons le) son chant du cygne : la vente de 4×4 stagne enfin pour la 1ère fois depuis 1995.

En revanche les ventes de 2 roues, plus polluants que les voitures les plus récentes, explosent (+31% de ventes de 125cm3 en 2006) et contribuent à la pollution locale.

source : JDE

De nouveaux objectifs difficiles à tenir

La Commission Européenne souhaite aller plus loin dans la réduction de CO2 et doit proposer, au plus tard au premier semestre 2008, un cadre législatif afin de réaliser l’objectif de l’Union Européenne de 120 g de CO2/km par voiture neuve en 2012.

Sur ce point, les constructeurs automobiles ne souhaitent pas être les seuls impliqués dans cette mesure et réclame le soutien (financier) des industries pétrolières et agricoles, des aménageurs pour la gestion des infrastructures, des politiques pour la taxe carbone et des automobilistes eux-mêmes qui doivent s’impliquer dans leur mode de conduite et leurs choix de consommateurs.

Mais certains dirigeants sont clairs : « un véhicule qui émet 130 g CO2/km d’ici 2012 est impossible ». Wendelin Wiedeking, patron de Porsche déclare dans le journal Handelsblatt du lundi 10 septembre que ce projet est “totalement naïf”, tout comme Christian Streiff, patron du constructeur français Peugeot, qui le décrit lui comme “totalement irréaliste”.

source : Notre-planete.info

Les polémiques sur le frêt

En parallèle de ces discussions, la SNCF lance un plan de restructuration de ses activités de fret déficitaire et prévoit la fermeture du 262 gares. Ce qui entraînera bien entendu une augmentation importante du transport routier. (source : Libération du 30 août 2007). Cette mesure provoque de vives polémiques : elle va à l’encontre des intentions affichés par le ministre de l’écologie, et de sa volonté de favoriser le ferroutage au détriment du transport routier.

Pour redorer ainsi l’image des poids lourds et calmer la polémique, la Fédération Nationale des Transports Routiers a présenté début septembre des propositions tout à fait constructives dans le cadre du « Grenelle de l’environnement » :

  • réduire la vitesse des poids lourds sur l’autoroute à 80 km/h au lieu de 90 (Ce sont donc de 500 à 700 millions de litres de gazole qui pourraient être économisées soit 1,3 à 2 millions de tonnes de CO2)
  • généraliser l’utilisation du biocarburant par les entreprises de transport. économie possible : 6,2 millions de tonnes de CO2
  • former les conducteurs à l’éco-conduite ou à la conduite « apaisée ». économie possible : 1,5 millions de tonnes de CO2
  • généraliser le passage en flux libre aux barrières de péage
  • généraliser les poids lourds de 44 tonnes afin de réduire le nombre de camions sur les routes
  • doubler des volumes acheminés par le transport combiné rail-route

Source : Actu-environnement.com

Le menace sur les publicitaires pour l’automobile grand public

Une nouvelle menace pèse enfin sur les constructeurs automobiles : celle de l’interdiction des publicités qui mettent en avant les bien faits de l’automobile sur l’environnement. C’est bientôt effectif en Norvège : les constructeurs automobiles n’auront plus le droit de parler de voitures « propres » ou « respectueuses de l’environnement » dans leur campagne de communication. (source : jde). En France, ces mêmes publicités sont étudiées de près par le BVP (Bureau de Vérification de la Publicité). Dans une enquête publiée fin 2006 sur 1500 publicités, le BVP jugeait 4 pubs sur 10 de nature trompeuse et susceptible d’induire le consommateur en erreur. (source : ConsoGlobe). Autant dire que la menace est sévère pour les publicitaires automobiles.

On évoque dans la note et à juste titre, la production de CO2/km…Mais n’oublions pas la fabrication même de la voiture.
– optimiser l’usage de matériaux (acier notamment) recyclés.
– renforcer la solidité pour rallonger la durée de vie du produit.
– Concevoir des pièces moins chères pour développer l’usage de la “réparation” et du “dépannage”.
– Brider les moteurs pour limiter la vitesse. A quoi sert une voiture qui peut rouler à 250 km/h quand la vitesse est limitée à 130 !!!! Or, on sait que la production de CO2/km est liée à la conduite et surtout à la vitesse… Les déclarations du patron de Porshe apparaissent presque hypocrites de ce point de vue là.

 

Et pourquoi ne pas créer de nouveaux services autour de la voiture : favoriser les véhicules pour le Co-voiturage ,  la location… Depuis longtemps, les constructeurs ne se limitent plus à la simple vente de voiture. Ils se sont surtout diversifiés dans les services financiers (crédits, financements) qui sont d’ailleurs souvent bien plus rentables que la vente de la voiture elle-même.

Il est temps qu’ils élargissent encore leur palettes de services. Il ne s’agit plus de vendre une voiture mais un mode de vie, de transport qui soit en adéquation avec les exigences du développement durable. De l’apprentissage de la conduite au recyclage en passant par l’usage, pourquoi ne pas diversifier leur présence sur toute le “cycle de vie” du produit.

Dans cette aventure, ils ne doivent pas être seuls. L’Etat, les pétroliers et les entreprises d’infrastructures doivent les soutenirs. Plus important encore… c’est au consommateur de “s’investir”. Aujourd’hui, c’est déjà anachronique d’acheter un 4×4. L’usage de la clim doit se faire avec la plus grande modération. La conduite doit être plus respectueuse.

Au final, c’est l’argent de notre porte monnaie qui “motive” les constructeurs automobiles. En automobile plus qu’ailleurs, il faut donc arrêter de demander plus (de techno, de luxe, d’espace). Il faut demander mieux.

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