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Nous avons toujours abordé ce sujet très indirectement et principalement sous l’angle économique. Afin de rappeler certains fondamentaux sur le rechauffement climatique, voici un dossier qui s’efforcera de rappeler quelques chiffres clés de ce phénomène qui nous préoccupe tous. Il se présente ainsi en 4 volets :

  • Le constat
  • Les causes
  • Les conséquences
  • Les solutions

Ce premier billet traite donc du constat.

 

Le rapport 2006 du GIEC fait état d’un phénomène sans précédent dans l’histoire de l’humanité : la température augmente fortement et de manière précipitée. Le même rapport ne laisse par ailleurs plus aucun doute sur la responsabilité de l’homme dans ce réchauffement.

De 1,8 à 4°C d’ici à 2100 : la canicule de 2003 en France sera la norme à la fin de ce siècle

Les scénarios les plus probables analysés par les experts sur ce phénomène prévoient une augmentation des températures moyennes de plusieurs degrés (de 1,8 à 4 °C selon le rapport du GIEC) sur toute la surface du globe d’ici 2100. Nous avons pu expérimenté durant quelques semaines, l’été 2003, ce qui sera la norme à la fin de ce siècle.

Temperature Moyenne en été en France

Source : R-Kandel – Effet de serre & Climat (2005)

Les émissions de CO2 seront 2 fois plus importantes en 2050

Le CO2 est le principal gaz à effet de serre (GES) responsable du réchauffement climatique. Sa concentration dans l’atmosphère ne cesse d’augmenter voir augmente plus vite que prévu. Les émissions se sont accélérées passant de 1,1 % par an dans les années 90 à 3% par an pour la période 2000 à 2005 (source : LSCE/IPSL )

Prévisions d’évolution des émissions de gaz à effet de serre dans les différentes régions du monde

Source(s): UNFCC, CNRS, 2003

La Chine et les Etats-Unis, 1ers émetteurs mondiaux de CO2

Au total, 7,9 milliards de tonnes de carbone ont été émis globalement dans l’atmosphère en 2005, comparé à seulement 6 milliards de tonnes en 1995. Les Etats-Unis et l’Australie restent les plus gros émetteurs par habitants au monde avec un taux 5 fois supérieur à la moyenne mondiale.

Emissions de carbone par an et par habitant en 2005 (en tonne)

Source : BP Statistical Review of WorldEnergy, June 2005

En émissions totales par pays, la Chine était censée, il y a trois ans, ne pas rattraper les Etats-Unis avant 2025, puis 2010 ; elle pourrait en réalité doubler le tenant du titre dès cette année, a prévenu, il y a quelques semaines, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), estimant que les émissions de CO2 chinoises passeront de 5,6 milliards de tonnes en 2006 à 6,02 cette année, contre 5,91 pour les Etats-Unis, soit près de 22 % du total mondial. (source : Le Monde)

Les émissions dues au transport et au résidentiel / tertiaire connaissent la croissance la plus forte dans les pays industrialisés

Les transports ne représentent pas la plus grosse émission de CO2 (21% du CO2 mondial). La production d’énergie en représente 32% (électricité,…) et l’industrie 24% (source : IEA+GIEC 2000). Néanmoins, c’est le secteur, avec le résidentiel / tertiaire, qui représente la croissance la plus inquiétante car même des pays industrialisés comme la France qui ont réussi à stabiliser voire diminuer leurs émissions au global, continuent à voir les émissions dues au transport augmenter de façon importante.

Evolution des émissions de GES en France entre 1990 et 2004

Source : CITEPA- Ministère de l’Ecologie et du Développement durable, février 2006

L’élevage responsable de 18% des émissions de GES

Le dernier rapport de la FAO place l’élevage en tête des secteurs émetteurs de gaz à effet si on prend en compte les émissions de toute la filière : depuis la production fourragère (qui comprend la production d’engrais chimiques et la déforestation pour la conversion en pâturages et en cultures fourragères, et la dégradation des pâturages), la production animale (y compris la fermentation entérique et les émissions d’hémioxyde d’azote du fumier) aux émissions de dioxyde de carbone durant la transformation et le transport de produits animaux.

La production mondiale de viande devrait plus que doubler, passant de 229 millions de tonnes en 1999/2001 à 465 millions de tonnes en 2050, tandis que celle de lait devrait grimper de 580 à 1 043 millions de tonnes

L’élevage ne contribue pas seulement au réchauffement de la planète : son impact sur l’environnement porte également sur la dégradation des terres, la pollution de l’eau, et la perte de biodiversité. (en savoir plus sur fao.org)

La déforestation joue en faveur des GES

Les forêts absorbent une part non négligeable du CO2 de l’atmosphère via la photosynthèse. On estime les changements d’usage des sols (ou la déforestation) responsables de 14% des émissions de CO2 (source : IEA+GIEC 2000). Dans un article publié dans l’édition du Monde du 15 mars, Gaëlle Dupont explique que “la déforestation de la planète continue à un rythme alarmant: 13 millions d’hectares (l’équivalent de la superficie de la Grèce ) sont détruits chaque année. De 1990 à 2005, le monde a perdu 3 % de son couvert forestier (-0,2 % par an). Les forêts tropicales sont les principales victimes de la déforestation : 20 % des forêts tropicales ont disparu entre 1960 et 1990 (source: “Rapport sur le commerce mondial 2006” – OMC)

Autre puit de carbone, les océans : les gaz se dissolvent à la surface de l’océan et sont stockés dans les couches profondes et plus fraîches. L’océan Austral est l’un des plus grands réservoirs absorbant jusqu’à 15% des émissions de CO2. Seulement une étude indique notamment que le puits de carbone de l’océan Austral est arrivé à saturation et ne pourra pas absorber l’excès de CO2 émis dans l’atmosphère (source : actu-environnement.com)

La montée des eaux est inévitable et impactera 2 à 7 millions de personnes chaque année en 2080

Dans leur premier chapitre le 2 février, les scientifiques du GIEC s’étaient accordés sur une hausse de 18 à 59 cm des mers d’ici 2100, selon l’ampleur du réchauffement. Une hausse du niveau de la mer déjà amorcée et due principalement à la dilatation de l’eau sous l’effet de la chaleur (l’eau chaude occupe un peu plus de volume que l’eau froide) et de la fonte des glaces polaires (Groenland et Antartique), des glaciers.

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Source : CNRS / CNED, 1997

 

 

Le rapport du GIEC souligne également que d’ici 2080, chaque année, entre 2 et 7 millions de personnes seront affectées par la hausse du niveau des océans. “Nous pensons que la migration forcée est désormais la menace la plus pressante contre les populations pauvres dans les pays en voie de développement”, selon John Davison, un des auteurs du rapport.

Un million d’animaux et de plantes menacées d’extinction

Une étude récente parue dans la revue scientifique britannique Nature estime que un million d’espèces animales et végétales pourraient disparaître en raison du changement climatique. En cas de faible réchauffement (0,8 à 1,7 °C), entre 9% et 31% des espèces étudiées seraient condamnées à disparaître d’ici 2050, selon qu’elles réussissent ou non à s’installer dans des régions plus clémentes, indique l’étude. La fourchette monterait à 15-37% en cas de réchauffement moyen (+ 1,8 à 2°C) et à 21-52% en cas de réchauffement important (>2°C). (source : AFP)

Les pénuries d’eau pourraient tripler avec le réchauffement

Les pénuries d’eau, l’or bleu qui fait déjà défaut à plus d’un milliard d’humains, pourraient en affecter trois fois plus sous l’effet du réchauffement climatique, préviennent les experts mondiaux sur le climat. D’ores et déjà, l’Unesco rappelle à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, jeudi 22 mars, qu’une personne sur quatre dans le monde n’a pas accès à l’eau potable. (source : 7sur7.be)

L’Unesco a même estimé dans un rapport publié en 2006 (UN World Water Development report) que d’ici moins de 25 ans, les deux-tiers des habitants de la planète résideraient dans des pays connaissant de graves problèmes d’approvisionnement en eau, spécialement en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Afrique.

Le nombre de catastrophes naturelles a plus que triplé depuis 1950

Le réchauffement climatique expliquerait la multiplication de phénomènes naturelles extrêmes comme les tempêtes, les cyclones tropicaux (en vert ci-dessous), les inondations (en bleu) ou les sécheresses (en jaune).

Evolution du nombre de catastrophes naturelles majeures dans le monde depuis 1950

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Source : Ubirisk, 2006

Le nombre de ces catastrophes augmentent inexorablement Les conséquences se font ressentir aussi bien sur le nombre de victimes que sur l’impact financier de ces catastrophes.

Stabiliser les émissions de CO2 ne suffit pas, il faut les réduire

Une unité de CO2 dans l’atmosphère a une durabilité dans l’atmosphère de plusieurs centaines d’années. Une diminution drastique des émissions de CO2 est nécessaire pour permettre de stabiliser la concentration de CO2 et la température moyenne au mieux plusieurs dizaines d’années plus tard.

Source : Climate Change 2001, the scientific Basis, GIEC

 

 

Accélérer le co-développement

Le développement des sociétés et la modernisation des techniques de production permettent d’accroître l’efficacité énergétique ou la quantité d’énergie nécessaire pour produire une quantité de richesse donnée. D’où la nécessité d’investir dans les technologies propres au sein des pays émergents afin de contraindre au maximum leurs émissions. L’effort doit se concentrer dans les pays où la croissance est la plus forte comme la Chine ou le Brésil.

Intensité énergétique en tonne équivalent pétrole (TeP) par milliers de dollars

Développer les énergies renouvelables (et le nucléaire ?)

Si le développement d’un pays permet d’accroître son efficacité énergétique, la croissance augmente en revanche considérablement ses besoins en énergie pour produire et consommer. Il n’existe pas de solutions miracles pour répondre à la demande autrement qu’en développant les énergies renouvelables, les énergies fossiles étant à la fois fortement émettrices en CO2 et leurs réserves limitées (les ressources en pétrole permettront de tenir la production jusqu’en 2030). Le développement du nucléaire semble aussi inévitable pour répondre à la demande et limiter les émissions. Cette solution pose en revanche d’autres problèmes comme la gestion des déchets et la sécurité.

Consommation primaire dans le monde

Source : Enerdata, Vleem

Pour répondre aux conclusions du GIEC à savoir diviser par 4 les émissions de GES d’ici 2050 dans les pays développés, il faudrait selon Enerdata, stabiliser la consommation mondiale d’énergie primaire mondiale et faire en sorte que le renouvelable et le nucléaire représentent les 2/3 de l’approvisionnement en 2050.

Changer les comportements

A niveau de vie égal, la consommation d’énergie est très variable : un américain ou un australien consomment 2 fois plus d’énergie qu’un japonais. La réduction des gaz à effet de serre exige une évolution des comportements des citoyens ou des entreprises face au gaspillage.

Source : Document WBCSD adapté de l’IEA, 2003

Encourager la réglementation et les mécanismes de compensation

Le protocole de Kyōto va dans ce sens en proposant un calendrier de réduction des émissions des 6 gaz à effet de serre qui sont considérés comme la cause principale du réchauffement climatique des cinquante dernières années. Il comporte des engagements absolus de réduction des émissions pour 38 pays industrialisés, avec une réduction globale de 5,2 % des émissions de dioxyde de carbone d’ici 2012 par rapport aux émissions de 1990. Un protocole vital pour la planète à condition que les plus gros émetteurs acceptent de le ratifier.

source : wikipedia

Voir aussi notre article sur  Le marché du carbone a plus que triplé en 2006

Développer les investissements vers la voie « verte »

L’émergence des nouvelles techniques de production d’énergies propres ne se fera que par un investissement massif du public et du privé dans ce secteur. (voir notre article Les éco-investissements, leviers de la croissance verte).

L’ISR dont l’objectif est de cibler des entreprises notées sur des critères sociaux et environnementaux permet également de favoriser les sociétés socialement responsables. (voir notre article L’investissement socialement responsable en France a presque triplé en 2 ans)

Jouer la carte de la reforestation

Selon un article du Monde, les chercheurs ont simulé plusieurs scénarios de réduction du rythme de la déforestation et en ont évalué les bénéfices. Le plus vertueux consisterait à réduire ce rythme de 50 % jusqu’en 2050, puis, à partir de cette date, à cesser toute déforestation.

Le gain calculé par les chercheurs est considérable : à l’échelle du siècle, cette mesure permettrait à elle seule d’éviter l’émission de 50 milliards de tonnes de carbone. Soit, estiment les chercheurs, l’équivalent de six années de consommation de combustibles fossiles.

Agriculture : le retour à la campagne ?

Les systèmes intensifs de production animale produisent de hauts niveaux de résidus d’azote et de phosphore et des déversements concentrés de matériaux toxiques. Or, ces systèmes sont souvent situés dans des zones où la gestion des déchets est plus difficile. La répartition régionale des systèmes intensifs est généralement déterminée non pas par des considérations écologiques mais par la facilité d’accès aux marchés d’intrants et de produits, et par les coûts relatifs de terre et de main d’oeuvre. Dans les pays en développement, les exploitations industrielles sont souvent concentrées dans les contextes péri-urbains en raison de contraintes d’infrastructures.

“Les problèmes d’environnement créés par les systèmes de production industrielle sont dûs non pas à leur grande échelle, ni à la production intensive, mais plutôt à leur position et à leur concentration géographiques,” explique la FAO, qui recommande la réintégration de l’agriculture et de l’élevage, requérant des politiques qui orientent l’élevage industriel et intensif vers les zones rurales nécessitant des nutriments pour les cultures.

Source : http://www.fao.org/ag/fr/magazine/0612sp1.htm

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